Réalité des aînés

Le suicide chez les personnes âgées, un phénomène tabou, mais non moins inquiétant. Les recherches confirment que différents facteurs augmentent de façon significative le risque suicidaire chez cette tranche de la population. Parmi ces facteurs se trouvent les maladies physiques, la dépression, les problèmes psychiatriques, l’abus d’alcool ou de médicaments, le suicide d’un proche ou d’un membre de la famille, un deuil prolongé ou non résolu, une situation de violence ou d’abus, l’isolement social et l’absence de liens significatifs.

D’autres facteurs peuvent contribuer à exacerber le risque de suicide chez les aînés. Ce peut être les deuils et les pertes successives, les effets secondaires des médicaments, l’accès aux moyens de s’enlever la vie, les conflits persistants, les relations instables, la dépendance, la faible demande d’aide et la consommation abusive d’alcool ou de médicaments.

Différents évènements de la vie tels un conflit interpersonnel ou familial, une séparation, la perte d’un statut social ou un échec sont des sources de stress qui comportent une grande souffrance psychique. Pour les aînés, un deuil, une perte récente, une entrée en institution, une humiliation ou un traumatisme peuvent précipiter le geste suicidaire.

Différents facteurs peuvent contribuer à réduire le risque suicidaire. La capacité des aînés à exprimer leur vécu et leurs émotions, un climat de vie chaleureux, un soutien familial et social, un rôle actif dans la communauté et un accès facile à des ressources d’aide sont toutes des situations qui augmentent le goût de vivre.

Détecter la dépression chez les personnes âgées semble moins facile que chez les jeunes adultes. Le désintérêt pour la vie, le manque de plaisir, le sentiment de tristesse, la perte de poids, l’insomnie, la fatigue ou la perte d’énergie, le sentiment de dévalorisation, les difficultés de concentration sont souvent associés à des signes normaux du vieillissement. On devrait plutôt reconsidérer le tout comme des symptômes d’une dépression contrairement aux fausses croyances à propos de la vieillesse qui normalisent la tristesse, la déprime ou la dépression des personnes âgées.

Différents moyens peuvent permettre de diminuer les facteurs de risque suicidaires chez les aînés tant au niveau individuel que collectif. On doit repérer les aînés qui ont un projet suicidaire et aborder les idées suicidaires directement et estimer le degré de dangerosité d’un passage à l’acte. Aussi, il faut prendre au sérieux le discours suicidaire d’un aîné et le questionner en lui demandant s’il pense au suicide. Cet intérêt de votre part favorisera l’expression du vécu de l’aîné et l’identification de différentes ressources à utiliser pour un mieux-être.

Faire preuve de vigilance envers nos aînés qui présentent différents facteurs de risque suicidaire se veut l’affaire de tous et chacun pour prévenir le suicide chez les aînés.